Avec Maye, le street art montpelliérain s’exporte à Paris

Dans Paris et sa banlieue, les fresques donnent un autre visage aux murs des quartiers. Au cœur du 13ème arrondissement de la capitale, l’artiste montpelliérain Maye a réalisé une fresque monumentale, véritable ode au sud de la France.

Paris est sous les bombes… de graffiti. Aux côtés de Londres, Berlin ou New-York, la Ville-Lumière fait désormais partie des villes emblématiques du street art, et les plus grands noms de la discipline ont habillé ses murs. Du cœur de la capitale à la région parisienne, toutes les tendances du street art se côtoient, et notamment les fresques murales. Maye, alias Victorien Liria,  artiste urbain originaire de Sète et résidant à Montpellier, a réalisé une fresque monumentale en plein cœur de la capitale.

L’oeuvre de Maye, baptisée « Étang de Thau », rappelle son sud natal. Crédit photo : Cédric Rémia.

En mai dernier, le jeune street-artiste de 28 ans a réalisé sa première fresque à Paris dans le 13ème arrondissement. Une œuvre réalisée dans le cadre du projet Street Art 13, un parcours de fresques réalisées par des artistes français et internationaux et initié par l’association Galerie Itinerrance en partenariat avec la mairie du 13ème. « Le fondateur de l’association, Medhi Ben Cheik, m’a contacté. Il a fait sa sélection en fonction des murs, il m’en a proposé plusieurs. Pour lui, c’était une évidence que je participe à ce projet. On s’est rencontré via une première expo à Toulouse. J’avais réalisé une œuvre qui avait fait un peu parlé et il était venu vers moi. On a d’abord fixé un premier rendez-vous, histoire de connaître l’humain », raconte Maye.

« Imposer Montpellier à Paris »

Depuis un immeuble du 131 boulevard Vincent Auriol, Maye a fait honneur à sa région : l’Occitanie. L’œuvre, baptisée « Étang de Thau », met en scène un cavalier camarguais gracile, vêtu de l’habit traditionnel et des espadrilles marinées sétoises, sur un flamand rose. Le fond orangé rappelle bien évidemment le soleil du sud de la France. « J’ai fais le croquis à Montpellier. Je n’allais pas peindre des bâtiments ou un métro. Ça, les Parisiens le voient tous les jours. Ils ont envie de voyager. D’ailleurs, ils voyagent tous le Sud quand ils sont en vacances, donc c’est une invitation au voyage. Il y a le flamand rose, la Camargue, ça évoque le côté chaleureux du sud, le soleil. Puis, il fallait imposer son style, sa région », explique Maye. De quoi égayer les murs de ce paysage urbain à l’origine peu souriant, essentiellement composé de logements sociaux et de tours à l’esthétique particulière.

Dans le 13ème arrondissement, ces fresques donnent un autre visage aux murs du quartier, lequel prend même une allure de musée à ciel ouvert, comme à Sète et son MACO (musée à ciel ouvert, ndlr), ville d’origine de Maye. « L’avantage de ces façades c’est qu’elles ont beaucoup plus d’impact qu’une toile. Une toile, tu cherches à la vendre. Là, l’œuvre est gratuite. Je n’aime pas beaucoup cette expression mais c’est une sorte de don au peuple », déclare Maye.

Des fresques qui offrent également une énorme exposition aux artistes qui les réalisent. « Les gens autour de moi m’ont dit : ‘Tu as quand même une façade à côté d’Obey (de son vrai nom Shepard Fairey, street artiste américain mondialement connu, ndlr)’. Il y a pleins d’autres grands noms du street art dans le projet Street Art 13, je me demande ce que je fais là », s’amuse Maye. Plusieurs organismes proposent des visites guidées pour partir à la découverte de ces oeuvres, à l’instar de l’association Art and Down.

« L’art, c’est Paris, c’est là qu’il faut être »

Depuis cette fresque parisienne, Maye a reçu de nombreuses sollicitations venues du monde entier. « J’ai eu des propositions pour faire des murs au Mexique, en Nouvelle Calédonie, en Nouvelle Zélande, en Chine, aux États Unis, mais j’ai du tout refuser cette année. C’est surtout grâce aux réseaux sociaux, mais ma fresque à Paris a pu jouer. Ça a prouvé aux gens qu’on peut faire de grandes choses », confie Maye. En revanche, fort de cette belle expérience à Paris, l’artiste héraultais va réitérer dans la capitale. « Cette année, je vais réaliser deux autres murs à Paris, un dans le sixième arrondissement et l’autre près du périph, plus vers la banlieue », révèle-t-il.

À titre personnel, Maye reconnaît tout de même qu’il est « plus à l’aise dans le Sud » pour exprimer son art. « Mais Paris, c’est là qu’il faut être. L’art, c’est Paris », déclare-t-il. « La plupart des collectionneurs d’art sont ici. Puis Paris, c’est l’image glamour, chic. Les belges, très présents sur le marché de l’art, n’achètent plus en Belgique aujourd’hui, mais à Paris. C’est un milieu très m’as-tu-vu. Une œuvre peut être une croûte mais s’il elle vient de Paris, c’est bien », soupire l’artiste urbain.

Comme lui , d’autres street artistes montpelliérains ont habillé les murs ou exposé à Paris. Myst, street artiste parisien résidant à Montpellier, a réalisé de nombreuses œuvres dans la capitale. Momies a quant à lui exposé son talent à la GCA Galerie. Salamèche, a lui aussi récemment participé à une exposition. D’autres encore, comme Mr BMX ou Mara, ont profité de leurs voyages à Paris pour réaliser des œuvres dans la capitale. Chacun dans son style. Mais il n’y a que Maye qui Maye.

Cédric Rémia.

Facebook : MAYE
Instagram : maye_name_is_maye

*Visite guidée du projet Street Art 13 avec l’association « Art and Town » réalisée le 6 janvier 2018. Entretien téléphonique avec Maye réalisé le 31 mars 2018.

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